PROJETS

2019-2010
C’est la chronique d’un chaos ordinaire, des
événements quotidiens qui mis bout à bout forment
une violence banale. Le temps d’un aller-retour,
à la recherche d’un cimetière
d’hélicoptères que je n’ai jamais trouvé.
Ce samedi, c’est jour de manifestation derrière
le Kremlin. Les drapeaux sont les
seuls points que l’on discerne dans cette
foule compacte et mélangée.
Les communistes à côté des libéraux,
les antifascistes pas très loin des nationalistes ;
noirs, jaunes, blancs, ce sont les plus sifflés.
L’ambiance est tendue, incertaine. Les slogans
s’enchaînent comme les discours.
Interdiction de prendre des images à chaque
arrêt du train, c’est devenu la seule activité
intrigante du voyage. Les gens passent
près de toi en murmurant «spion spion» tout en
s’étouffant de rire. Habitué au lit-couchette,
je me retrouve assis sur une banquette
de cuir. Les arrêts sont fréquents, le train roule
lentement, tout le monde s’occupe
comme il peut. Les seuls événements
qui nous réveillent de la torpeur sont les contrôleurs
et les musiciens improvisés.

All photos are copyright protected © Olivier Sarrazin - Reproduction interdite sans autorisation